Les mots clés, miroir du monde, paradis du marketeur

Il est un pays merveilleux où l’âme des passants se révèle sans fard, où l’on dit ses désirs sans jamais se masquer, où l’on montre ses failles sans peur du paraître. Cela pourrait passer pour une publicité mensongère, mais il n’en est rien. Je visite chaque jour ce lieu onirique où la censure n’a pas frappé : c’est celui des mots clés.Dans sa petite fenêtre de recherche, l’internaute est heureux. Heureux de partir à la conquête du monde dans le confort de son salon, heureux surtout parce que dans ce lieu de quête, il peut s’exprimer à loisir, sans peur du jugement, sans honte pour des questions qui révèlent son ignorance, heureux enfin parce que quoi qu’il demande, Google va lui répondre.

Et nous, marketeurs perpétuellement avides de comprendre les désirs de cet individu, nous qui l’interrogeons sans relâche à travers enquêtes fastidieuses et études poussées, nous qui analysons sans cesse les biais de ses réponses, ses désirs inavoués, assistons émerveillés à cette révélation ! Car Google, dans sa grande bonté que de mauvais esprits qualifieraient d’intéressée, ouvre aux professionnels les portes de ce paradis du désir clients : les requêtes des internautes. Oui, il faut bien l’avouer, c’est un plaisir de voyeur qui s’exprime tout d’abord chez l’observateur. Les recherches s’affichent sous vos yeux ébahis, avec l’énormité des fautes d’orthographe, l’incongruité des questions, l’abîme dans la culture générale… « Is argentina a european country », « what country is argentina located in »… Les peurs se révèlent aussi « is it safe for americans to travel to argentina ? ». Mais surtout, ah, surtout, Google révèle tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les envies des consommateurs sans jamais oser le demander. A peine suggérez-vous à Google un petit mot clé qu’il vous en propose 700, uniquement des mots clés connexes, associés au vôtre, dans le même univers sémantique ! C’est comme s’il nous disait « non, non, ca, n’est pas ça qu’ils veulent, regarde mieux ». « Ça n’est pas comme ça qu’ils le disent, écoute ! ». Et là, ça n’est plus le voyeur éphémère qui s’exprime en vous mais bien le marketeur. Car, sans la moindre dépense ni le moindre biais, s’expose devant vous le catalogue produit idéal du consommateur ! Mieux, le catalogue idéal formulé dans ses propres mots. On pourrait se dire, oui, un internaute recherche ce produit mais c’est peut-être le seul et je ne vais pas me lancer dans sa commercialisation sans perspective ! Oui, mais non, car Google, dans sa grande générosité (profitons, les informations diminuent à vue d’œil), nous indique les volumes de recherche mensuelles de chaque requête. Après l’étude qualitative, l’étude quantitative ! Les chiffres et les lettres ! Le beurre et l’argent du beurre !

Vous l’aurez compris, j’adore mon métier ! Et je l’aime d’autant plus qu’avant, je veux dire avant Google, avant l’internet, ca n’était pas si simple. Je me revois jeune marketeuse, formulant et reformulant mes questionnaires, traquant la question ambiguë qui ne manquera pas de générer des réponses inexploitables, puis sur le terrain, mon enquête en main, invitant le prospect à me répondre, « ne partez pas, seulement 7 minutes, ça ne sera pas long », le dépouillement, les heures d’analyse… Et là, aujourd’hui, sous mes yeux, toutes ces réponses…

Alors bien sûr, je passe toujours des heures à re-traiter les fichiers de mots, à les qualifier, identifier les thématiques communes, les besoins sous-jacents, à éviter les pièges des formulations ambiguës… Mais quand même, une étude de marché aussi rapide, fiable, spontanée, je n’en connais pas !

 

 

Spécialiste de la création de trafic, Anne-Marie Urrutia Dumas élargit son champ d’action au web dès 1998. Après avoir lancé aux Editions Gallimard le Cercle Gallimard de l'Enseignement, elle prend la direction Marketing – Communication du distributeur discount Tati et gère son premier site web. Quelques années plus tard, elle crée "Le Dietivore" un cybermarché alimentaire diététique. Experte en marketing digital pour Paris Pionnières, les Premières, Fondation entreprendre, elle conseille plus de 50 startups innovantes, abordant des secteurs aussi variés que la distribution bio, la location de véhicule, ou les objets connectés. Pendant 3 ans en Argentine, elle met son expertise SEO au service d'une agence de traduction online et développe des méthodologies de traduction SEO. En 2018, elle co-créé l'agence Digicrac à Paris et développe Digital Evaluation et Digital Revelation, des solutions digitales innovantes de détection des attentes consommateurs et de conquête de nouveaux marchés.

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